Si l’alloréactivité est une conséquence obligatoire de l’allogreffe, tous les receveurs n’en déclarent pas les conséquences cliniques – notamment la GVHD aiguë et/ou chronique – et le cas échéant, avec la même intensité, même à des niveaux a priori similaires d’incompatibilité. Il existe donc des éléments participants à la régulation de cette alloréactivité.
La description de ces éléments est volontairement brève, car les connaissances évoluent rapidement !
Les cellules NK
Elles peuvent également cibler les cellules présentatrices de l’antigène du receveur et ainsi réduire l’alloréactivité T-médiée, d’où leur rôle versatile dans l’alloréactivité.
Les lymphocytes T régulateurs (Treg)
Les Treg sont des lymphocytes T CD4+ régulant l’activation des lymphocytes. Dans le contexte de l’allogreffe, ils peuvent inhiber la prolifération des lymphocytes T alloréactifs.
Les lymphocytes NKT invariants (iNKT, invariant natural killer T cells)
Les iNKT sont des lymphocytes T caractérisés notamment pas un TCR αβ peu variant qui reconnait surtout des glycolipides présentés par CD1d. Elles ciblent les cellules présentatrices de l’antigène du receveur et réduisent l’alloréactivité T-médiée.
Les cellules souches mésenchymateuses (MSC, mesenchymal stem cells)
Les MSC sont des progéniteurs multipotents qui ont la particularité d’être administrés avec une faible immunogénicité ce qui en fait un produit intéressant de thérapie cellulaire. Elles peuvent notamment inhiber les lymphocytes T activés, secréter des médiateurs immunosuppresseurs, réorienter la réponse des lymphocytes T CD4+ de Th1 vers Th2, et induire la production de Tregs.
Les MDSC (myeloid-derived suppressor cells)
Il s’agit d’un groupe hétérogène de cellules qui ont la capacité de supprimer les réponses lymphocytaires T sans tenir compte des restrictions HLA et qui peuvent notamment inhiber la prolifération des lymphocytes T allogéniques.
Les ILC2 et ILC3
- ILC2 secrète entre autres de l’IL-13 qui inhibe l’activation des cellules dendritiques
- ILC3 secrète entre autres de l’IL-22 qui supporte la régénération cellulaire, surtout dans le tube digestif
Les MAIT (mucosal-associated invariant T)
Les MAIT sont des lymphocytes T « innate-like » secrétant des cytokines comme l’IL-17A qui contribue au maintien de la barrière épithéliale et prévient la dysbiose.
Les cytokines anti-inflammatoires
Les cytokines sont les messagers du système immunitaire, dont la fonction peut également être la régulation des phénomènes immunologiques. Les principales cytokines anti-inflammatoires sont les interleukines IL-4, IL-6, IL-10 et IL-11.
Ce qu’il faut retenir
Il existe des éléments régulateurs de l’alloréactivité qui sont de mieux en mieux décrits et participent à la modulation des effets GVL et GVH et à leurs expressions cliniques.




