Il existe plusieurs méthodes de collection du greffon, ainsi que processus de modification de la composition de ce dernier avant son injection au receveur.
Modalités de collection
Il existe trois sources de greffon : la moelle osseuse, les cellules souches périphériques prélevées par cytaphérèse et le sang de cordon placentaire.
Greffons de cellules souches périphériques (CSP)

C’est à ce jour le type de greffon le plus utilisé (c’est pourquoi on évite désormais le terme « greffe de moelle » pour l’allogreffe de cellules hématopoïétiques). Le prélèvement des cellules souches est réalisé par cytaphérèse après administration de facteurs de croissance, ce qui permet de prélever un nombre plus important de cellules souches, entrainant une prise de greffe plus rapide. Le nombre de lymphocytes T contenus dans le greffon est plus élevé, ce qui renforce la prise de greffe et l’effet GVL, mais augmente aussi le risque de GVHD. Le produit de la cytaphérèse contient peu d’érythrocytes, ce qui évite la déplétion dans le cadre des greffes ABO-incompatibles et permet de maintenir un nombre élevé de cellules souches ou de lymphocytes T dans le greffon.
Greffons de moelle osseuse (MO)

Le donneur est prélevé au niveau des crêtes iliaques, sous anesthésie générale. Le prélèvement ne nécessite pas l’administration préalable de facteurs de croissance. La cellularité du greffon prélevé est généralement plus faible que pour les greffons de cellules souches périphériques et la contamination par les érythrocytes est plus importante ce qui peut requérir leur déplétion dans les allogreffes ABO-incompatibles, réduisant encore la cellularité du greffon. Ces greffons contiennent moins de lymphocytes T matures ce qui peut réduire l’alloréactivité, en conséquence de quoi le risque de GVHD est moindre, mais l’effet GVL est également réduit. La reconstitution immunitaire peut être retardée, exposant le receveur plus longuement aux effets indésirables de l’aplasie.
Unités de sang de cordon placentaire (USP)

Les unités de sang placentaires sont des sources de cellules souches rapidement disponibles et pour lesquelles la compatibilité HLA requise est moins stricte. L’essor des greffes haplo-identiques a fortement contribué au recul de l’utilisation de ces greffons par ailleurs peu pratiques (pas de possibilité de boost ou de DLI).
Le choix de la source du greffon est guidé par la nature de la pathologie du receveur, en s’adaptant aux possibilités de don du donneur.
Manipulation du greffon
Le contenu des greffons peut être modulé pour atteindre une meilleure immunogénicité ou éviter certains effets indésirables. Par exemple :
- La désérythocytation : permet d’éviter le risque d’hémolyse immédiate et l’érythroblastopénie dans la cadre des incompatibilités ABO majeures
- La déplasmatisation : permet de réduire le risque d’hémolyse immédiate ou retardée dans le cadre des incompatibilités ABO mineures
La compatibilité ABO dans l’allogreffe de cellules hématopoïétiques
| Incompatibilité ABO | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Groupe sanguin Donneur | O | A | B | AB | |
| Receveur | O | aucune | majeure | majeure | majeure |
| A | mineure | aucune | majeure et mineure | majeure | |
| B | mineure | majeure et mineure | aucune | majeure | |
| AB | mineure | mineure | mineure | aucune | |
T-déplétion
Il s’agit d’une procédure visant à dépléter le greffon en lymphocytes T. La T-déplétion n’est pas systématique et dépend des usages dans les différents centres d’allogreffe. Elle est de fait responsable d’une diminution de l’alloréactivité, à la fois sur le versant de l’effet GVL et GVH. La réduction attendue de l’effet GVL peut être contre-balancée par des boosts ou une adaptation des traitements immuno-suppresseurs.
La T-déplétion peut s’opérer ex-vivo par traitement du greffon avant sa réinjection au donneur (en effectuant une sélection négative des lymphocytes T, un enrichissement en cellules souches, en administrant conjointement des lymphocytes T reg …) ou in-vivo en administrant au receveur des drogues qui vont supprimer les lymphocytes du donneur injectés au moment de l’administration du greffon.
